10/18/15

Le charme discret du vendeur de violons

Il est 7h24 ce matin. J’ai beau me presser un peu plus que d’habitude, je suis intimement persuadée que je vais rater mon train aujourd’hui. J’entends mes talons claquer fort sur le bitume, je me dis que si c’était moi qui vivais au 3ème étage sur rue en ce moment, je passerais ma vie à maudire le bruit faussement séducteur des chaussures. Mais ce matin je n’ai pas le temps de faire attention, tant pis pour les voisins, mon train de toute façon ne m’attendra pas.

La rue de Rome qui me mène à la gare St Lazare est interminable. Les vitrines fermées des luthiers me narguent comme pour me montrer que mon tempo est mauvais et que je suis sur un mauvais rythme.

7h26. J’arrive péniblement au panneau d’affichage. Il est déjà trop tard, mon train est parti. C’est officiel, je serai en retard aujourd’hui. Je m’accorde deux minutes d’immobilité dans la foule des gens qui passent. « serai en retard aujourd’hui, à toute. », c’est ce que j’écris à ma collègue D. pour la prévenir. Le temps d’écrire ces 6 mots et d’appuyer sur « envoyer » que je me sens douloureusement bousculée au plein milieu de ce hall de gare. L’immobilisme n’a pas sa place dans ce lieu où le Mouvement règne en monarque absolu. Le temps s’arrête pour moi en me condamnant à l’attente du prochain train. Mais la vie des autres continue. J’attends d’être de nouveau réintégrée dans ces flux ininterrompus de personnes pour reprendre cette danse forcée. Pendant les 7 prochaines minutes, je ne serai qu’une danseuse raide et immobile au sein d’un ballet en pleine exécution. J’attends. Les rayons de soleil couvrent les rails des trains d’une lumière surréaliste que je tente de capter avec mon téléphone.

02/9/15

La Truite Blanche

En juillet 2014 dernier, je me retrouvais devant une bière en compagnie d’un metteur en scène, d’un directeur artistique et d’un chef d’orchestre. Ensemble, enthousiasmés par les beaux jours arrivant, par l’aspect intemporel et agréable du moment, nous décidions de monter une pièce. Comme ça. Avec comme seule consigne que celle-ci soit « inspirée de contes irlandais. »
Aussitôt dit, un an plus tard, c’était aussitôt fait !
Et voici donc une troupe créée, une pièce écrite et des morceaux de musique composés pour l’occasion.

C’est ainsi que naquit « La Truite Blanche ».

Je me ferai un plaisir de vous y croiser le premier week-end de mars à Lyon !

Pour réserver vos places

Pour tout savoir sur le projet

 

La Truite Blanche

 

 

09/2/13

Historia

Si peu de choses écrites dernièrement pour beaucoup de choses en cours de production. J’ai terminé un mémoire, j’en commence un nouveau, mais surtout, deux projets me tiennent à cœur. Le premier est encore trop chaud pour vous en donner les premiers détails, mais sachez que vous retrouverez ma plume dans une pièce de théâtre.

Le deuxième est plus chaud, plus brûlant et peut vous concerner. HISTORIA, c’est le titre que vous allez devoir retenir. Un spectacle de mentalisme (forme de magie qui joue avec les pensées) que j’ai co-écrit et co-produit. Beaucoup de temps, beaucoup de bonheur aussi. Le plus grand serait maintenant que vous assistiez à une représentation. Ça tombe bien, on passe certainement par chez vous

  • 29 novembre 2013, Salle Paul Garcin, Lyon
  • 17 janvier 2014, Rotonde de l’INSA de Lyon, Villeurbanne
  • 23 et 24 janvier 2014, théâtre de l’ENS, Paris

Plus d’informations sur notre tout joli site : www.historia-spectacle.fr

Et puis si vous êtes dans le coin, passez me dire un petit bonjour, j’adorerais ça.

05/5/13

Le goût du sel (2)

Alors on a continué notre chemin, parce que c’était inexorable et aussi parce que le vent commençait à se lever et que marcher face à lui dans le sable devenait périlleux. Mes yeux ont commencé à brûler, mes pas se sont faits plus lourds. On a continué à avancer pour rentrer dans sa maison de famille, une espèce d’ancienne bicoque réaménagée. Le silence était pesant, aussi lourd que notre démarche. Et puis il y avait ce canapé-lit défait qui nous regardait dans notre solitude intérieure, l’illustration même de ce désarroi, de cette vie malpropre, ce linge sale qui a beaucoup trop traîné et qui ne demande qu’à être nettoyé. Tout effacer pour retrouver un blanc éclatant, un blanc pur et immaculé, plein de promesses et de joies à venir. Nous, nous dormions encore dans des draps froissés, brûlés sur une extrémité par une marque de cigarette et légèrement tâchés au niveau des taies d’oreiller parce qu’une fois, on avait voulu grignoter quelques biscuits et que le chocolat avait fondu sur place. Et on n’avait pas changé les draps. Justement parce que ça ne sert à rien de tenter de récupérer ce qui est sale et abîmé. Il suffit de le jeter, on s’en remettra. Et on en retrouve de plus beaux, de plus doux, de plus blancs, de ceux dans lesquels on adore se rouler, créer un petit cocon apaisant, fermer les yeux sereinement et s’endormir. Là, il fallait toujours faire attention à la tache. C’était quand même un peu drôle c’est vrai. Sorte de petit rituel avant d’aller se coucher, se dire « Non, ne met pas ta tête là! » Au début, on éclatait de rire en s’embrassant et ces moments, quand ils me reviennent en mémoire, me laissent toujours un petit goût de miel derrière la saveur salée des autres souvenirs, de ceux qui sentent la mer, l’iode, de ceux qui râpent un peu la langue sans être désagréables pour autant. On sait juste que ces souvenirs au sel, s’ils ont beaucoup de goût, demeurent quand même, à la longue, inconfortables, écœurants, immangeables. Alors on s’en sépare. On commence avec minutie, on limite les doses, on les empêche d’envahir tout ce qu’on avale, tout ce qu’on respire. Et puis vient la nausée, alors on arrête, tout simplement. Nettement. Les artères vont mieux et le cœur se remet à battre sans peine. On recommence à respirer avec tendresse un air légèrement iodé, d’une côte probablement différente que cette côte d’Opale, mais toujours avec un peu de crainte, quand bien même on sait que cette dose va rester homéopathique. La rechute n’est finalement jamais loin. Et un plat non salé, c’est horriblement fade.