Ecrire comme respirer

Il paraît qu’il faut écrire pour respirer. Qu’on apprend à écrire qu’en écrivant. On écrit d’ailleurs que pour apprendre à écrire. Je vois les autres écrire, parler, publier, utiliser les mots avec une plus grande élasticité qu’un chewing-gum, manipuler le verbe comme on tord un cintre. Je les lis, j’admire et je respire. Le grand air.

Il fait chaud où je suis assise, coincée contre un mur pour qu’on ne voit pas mon écran, pour écrire sans en avoir l’air, écrire en tapant juste des mots sur un clavier noir, comme on taperait un email anodin ou un rapport important. J’oublie juste que le mur est de verre, donc transparent. Pourtant il me faut écrire. Du moins réapprendre à écrire. Il semblerait que la littérature, ou du moins les tentatives de littérature, ou tout simplement les lettres tapées sur un clavier noir se suffisent à elles-mêmes, s’exprimant dans un open space faussement moderne comme dans un cahier d’écolier.

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